jeu. Nov 21st, 2019

APEF

Association pour la Promotion de l’Entreprenariat Féminin

LE ROLE DES FEMMES DANS LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT DANS LA PROVINVE SUD-KIVU.

8 min read

INTRODUCTION

Cet article porte sur le rôle des femmes et leur implication dans la protection de l’environnement dans la province du Sud-Kivu, l’une de vingt six provinces qui composent la  République Démocratique du Congo.Le Sud-Kivu, voisine  de la province du Nord-Kivu , le Maniema à l’ouest et le Tanganyikaau sud. À l’est, elle  est voisine du Rwanda, du Burundi et de la Tanzanie.La province du Sud-Kivu a une superficie de 64 851 km2. Elle couvre 2 fois la Belgique, son ancienne métropole, 2,5 fois le Rwanda, 2,3 fois le Burundi.

Cet article s’inspire principalement des actions réalisées par l’Association pour la Promotion de l’Entreprenariat Féminin « APEF ». Pour ce faire, APEF a rencontré les femmes et jeunes  membres des coopératives agricoles, des organisations paysanes, des associations vilageoises d’epargne et de crédit qu’elle accompagne depuis plusieurs années des entretiens auprès de 350 ménages dans le territoire de FIZI, KABARE, WALUNGU, ET UVIRA.

Au sud-kivu les femmes sont affectées de manière disproportionnée par les impacts du changement climatique, elles sont souvent victimes des fléauxtels que des sécheresses, des inondations et d autres événements météorologiques extrêmes.

En effet, APEF a pour vocation d’analyser les réalités que vivent les femmes congolaises au quotidien et particulièrement celles du Sud-Kivu. Pour ce faire, APEF dans sa politique a mis en place des stratégies de sensibilisation avec une approche participative. Les actions environnementales véhiculées par APEF visent à éduquer les citoyens à avoir des attitudes et des comportements influencant positivement la protection de l’environnement.

LA SITUATION DES FEMMES AU SUD-KIVU ET DANS LES AXES D’INTERVENTION D’APEF

Les femmes sont les premières touchées par les impacts de la détérioration environnementale, principalement parce qu’elles font face à une plus grande précarité, surtout lorsque l’on sait que 70 % des personnes vivant dans la pauvreté au Sud-Kivu sont des femmes.

Par conséquent, les femmes vivent plus difficilement ces changements. Leur capacité à se nourrir, leur sécurité, leur santé et celle de leurs enfants se voient plus affectées par rapport à celles des hommes.

En plus de la pauvreté qui est en cause, plus de femmes vivent dans des zones à risque de catastrophes et certains rôles traditionnels et culturels associés aux femmes viennent également contraindre leurs déplacements et leur liberté, les rendant plus vulnérables.

Les femmes du Sud-Kivusubissent également plus de violence sous toutes ses formes durant les phénomènes climatiques extrêmes.

Que dire maintenant de la charge de travail des femmes ?Le poids des travaux domestiques non rémunérés est amené à être de plus en plus lourd pour des milliers de femmes au sud-kivu. Sécheresses, inondations, sans parler de la dévastation environnementale causée par l’homme comme le déboisement, les femmes devront aller toujours plus loin pour s’approvisionner en eau et en ressources vitales pour subvenir aux besoins de leur foyer. Sans compter que cette situation contribue à augmenter le nombre de jeunes filles qui doivent abandonner leur éducation afin d’aider leur mère à aller chercher l’eau et le bois.

Dans les milieux ruraux où APEF intervient, ce sont souvent les femmes qui s’occupent majoritairement de l’agriculture de subsistance et qui assurent la sécurité alimentaire du ménage. Ce sont elles qui travaillent de plus en plus dure et trouvent des solutions innovantes afin d’assurer la production agricole malgré les conditions climatiques qui se détériorent progressivement.

Et qu’en est-il de la pollution qui augmente au fur et à mesure qui détruit notre environnement? Eh bien, les femmes seraient plus sensibles à la pollution et aux contaminations des produits que l’on retrouve dans l’environnement, du fait qu’elles emmagasineraient davantage ces toxines dans leurs tissus adipeux. Les polluants toxiques risquent par la suite d’être transmis aux nouveau-nés, leur occasionnant de nombreuses maladies.

« Après plusieurs années de “bonnes intentions”, il est grand temps maintenant de donner aux femmes, les outils avec lesquels elles peuvent construire un monde meilleur pour tout le monde.»Extrait du discours prononcé par Mme NUNU SALUFA, Directrice de l’APEF à l’occasion de la remise des certificats aux femmes formées par APEF.

OBSTACLES A LA PARTICIPATION DES FEMMES DANS LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT. 

Les inégalités persistantes sont un frein à la participation des femmes aux prises de décisions, bien que l’on sache qu’elles possèdent bon nombre de compétences et connaissances cruciales pour y prendre part.

Dans les différents rapports d’APEF, plusieurs obstacles sont énumérés par les femmes rencontrées pour  participer  à la protection de l’environnement tels que : le manque de connaissance et de conscience des problèmes environnementaux, le manque de temps disponible, les faibles revenus. La situation sécuritaire instable, faible mobilisation de la communauté en général, la peur du harcèlement et le manque d’encouragement, voire l’opposition, de l’entourage sont d’autres freins identifiés par les femmes ayant répondu à nos questions.

La faible conscience écologique se reflète également dans les pratiques de la majorité des femmes vis à vis de la gestion des déchets et dans la méconnaissance des solutions qui pourraient être apportées. Ainsi, des actions environnementales menées par APEF, ont démontré que des femmes se sont montrées intéressées par ces initiatives.En dépit de cettebonne volonté, ces actions de protection de l’environnement risquent d’être freinées par l’absence de lois adéquates, le manque de financement et la faible coopération des institutions publiques dans ce domaine.

Actuellement, la lutte pour les droits des femmes est menée par les associations féministes et se concentre sur les questions qui affectent le plus les femmes, telles que la violence basée sur le genre, le mariage précoce, la planification familiale, le renforcement de leurs capacités politiques et économiques et les quotas de femmes dans les conseils élus. Le faible taux d’engagement dans la protection de l’environnement reste une autre priorité pour le développement des femmes au Sud-Kivu.

LIENS ENTRE ENVIRONNEMENT, CHANGEMENT CLIMATIQUE ET PAUVRETÉ AU SUD-KIVU.

L’importance de l’environnement comme base des moyens d’existence des populations pauvres de la province du Sud-Kivu n’est plus à démontrer. La forêt est essentielle à la survie et au développement d’au moins 5 millions de populations, particulièrement pour la majeure partie des paysans qui en dépendent presque totalement tant du point de vue économique que sociale et culturellement.

Plus généralement, les conditions de vie des ménages ainsi que la production dépendent de manière critique d’un environnement de qualité.

Pour répondre à leurs besoins (revenus, alimentation, énergie, santé, sécurité…) les populations de différents territoires pauvres n’ont souvent pas d’autres alternatives que les biens et services fournis par l’environnement. Ainsi la dégradation de l’environnement, qui devrait être aggravée par le changement climatique, affectera de manière déterminante les conditions de vie des populations pauvres qui dépendent fondamentalement des biens et services fournis par l’environnement. Par ailleurs, la dégradation de l’environnement est largement le fait de la pauvreté. C’est le cas pour les deux principaux facteurs de déforestation que sont l’agriculture et le bois énergie et pour les problèmes d’insalubrité et d’érosion liés à l’urbanisation anarchique.

La lutte contre le changement climatique et la gestion durable de l’environnement constituent donc les fondements d’une bonne stratégie de réduction de la pauvreté et devraient de ce fait structurer la stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté de la Province.

IMG_0824.JPG

Elle devrait s’appuyer sur les éléments stratégiques suivants : la gestion durable de l’environnement, notamment des forêts, le développement d’un modèle de production agricole écologique, le développement énergétique à faible intensité carbone, la gestion durable et inclusive des ressources en eau, le développement à faible intensité carbone des transports, l’élaboration et la mise en œuvre d’une réforme foncière, la mise en place d’une politique d’aménagement du territoire, le développement à faible impact environnemental des industries extractives et la gestion active de la dimension environnementale de la santé.

Penchons-nous maintenant sur les liens entre femmes et environnement. Vous vous en serez doutés, au en RDC et particulièrement au Sud-Kivu, c’est une grande majorité d’hommes qui prennent les décisions publiques en matière d’environnement. Les femmes y sont sous-représentées. Peu moinsde femmes occupent un poste décisionnels en lien avec l’environnement. Les inégalités persistantes sont un frein à la participation des femmes aux prises de bonnes décisions, bien que l’on sache qu’elles possèdent bon nombre de compétences et connaissances cruciales pour y prendre part.

Allons-nous laisser le pouvoir aux mains des hommes de décider du sort de notre environnement, lorsque l’on sait que les femmes y sont affectées différemment? Compte tenu des liens existants entre genre, changements climatiques et dégradation de l’environnement, il est primordial que les femmes soient impliquées paritairement dans les processus décisionnels concernant l’environnement. Les instances décisionnelles actuelles doivent être plus représentatives de la réalité.

IMG_0886.JPG

Actuellement, la lutte pour les droits des femmes se concentre essentiellement sur les questions qui affectent le plus les femmes, telles que la violence basée sur le genre, le mariage précoce, la planification familiale, le renforcement de leurs capacités politiques et économiques et les quotas de femmes dans les conseils élus. Le faible taux d’engagement dans la protection de l’environnement reste une autre priorité pour ledéveloppement des femmes au Sud-Kivu.

OPPORTUNITES POUR PROMOUVOIR LA PARTICIPATION DES FEMMES DANS LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT.

Au vu de la faible sensibilisation sur les sujets liés à l’environnement au Sud-Kivu, il est primordial de développer une citoyenneté active et consciente de la responsabilité individuelle et collective de tous les acteurs, principalement les femmes et  jeunes qui vivent de leurs exploitations agropastorale, des nombreuses femmes sont disposées à changer leurs habitudes pour protéger l’environnement et les ressources naturelles.

Afin d’améliorer la situation, l’Association pour la Promotion de l’entreprenariat Féminin « APEF »  propose plusieurs pistes d’action pour le futur :

  • Sensibiliser les administrations tous les niveaux à l’importance de promouvoir la participation active des femmes aux questions environnementales et prendre en compte la dimension du genre dans différents programmes et financements liés à l’environnement ;
  • Stimuler les associations locales pour développer des projets d’environnement conçus, mis en œuvre et gérés par des femmes conscientes de ce besoin de protection de l’environnement ;
  • Encourager les médias à changer l’image stéréotypée des femmes tout en mettant l’accent sur les femmes activistes dans le domaine de l’environnement ;
  • Sensibiliser les populations sur la protection de l’environnement en développant des sujets urgents et renforcer leurs capacités afin de les engager dans la bonne gestion de la nature en intégrant une perspective de genre et réaliser une étude sur les comportements des hommes et des femmes qui ont une incidence sur l’environnement.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Copyright © All rights reserved. | Newsphere by AF themes.